Histoire du oud
L'oud trouve son berceau en Babylonie comme celui découvert sur un bas-relief du temple d’Hammourabi}} par le chercheur Irakien Anwar Rachidi.[1] Présent chez les Assyriens, il apparaît en Égypte où on le retrouve dans la tombe d’Ahmôsis (1500 av. J.-C.). Pendant la première civilisation pharaonienne, les Égyptiens ont utilisé le luth pour leurs cérémonies et pour leurs fêtes.
Le barbat est un instrument de musique ancien d'origine perse ; après le tambûr, c'est le plus vieil instrument à cordes en Iran, remontant en 800 av. J.-C. Son invention est attribuée à Barbad et al-birbat serait sa forme arabisée. D'autres sources précisent que l'étymologie viendrait de bat qui signifie « poitrine », désignant ainsi une similarité de forme.
Il est probable que les premiers instruments étaient taillés dans une pièce de bois (manche et caisse de résonance non séparés), de la même façon que le pipa chinois (déjà présent chez les Tang (618-907) et les Wei du Nord (386-534)) ou le biwa japonais (VIIIe siècle), qui seraient des descendants du barbat apporté par la Route de la soie.
Après que l’islam se fut implanté en Iran, l'instrument fut amené dans l’Empire Omeyyade et il s'est propagé ensuite dans tout le Moyen-Orient et le Maghreb, faisant de ces pays le berceau du luth oriental : le oud. Ce dernier, rénové par Zalzal Mansour (mort en 791), possédait un manche plus court séparé (au départ) d'une caisse plus grosse, comme l'instrument actuel.
Plus tard, Médine fut un lieu de rencontre de tous les musiciens et luthiers si bien que le oud y acquiert une réputation éminente parmi tous les autres instruments de la musique arabe. Grâce au oudiste Ziryab (décédé vers 852), le oud voyage jusqu'en Europe en transitant par l'Andalousie sous domination mauresque, devenue la capitale de la musique arabo-andalouse.
L'oud a pris définitivement sa forme actuelle au début du IXe siècle, (la chanson de Roland fut sans doute jouée sur un luth arabe). La caisse était faite de barres de bois contraint en forme de voûte qui pourraient être l'origine du nom oud puisque le mot signifie bois ou bâton et que la table était elle aussi faite en bois (à l'opposé des tables en peau des luths plus anciens).
Quand la culture islamique pénétra en Europe, cet instrument fut utilisé avec différents noms ; lotto en Italie, loth en France, aland au Portugal et loud en Espagne. À la même période, l'instrument a été interdit en Iran sous les Safavides à cause du fanatisme religieux, jusqu'à récemment.
La caisse courbée a servi de modèle au luth et à la mandoline européens, dont les caisses étaient construites de nombreuses lamelles de bois flexibles collées. Le luth se transforme durant la Renaissance et la période baroque. Les cordes sont jouées entre le pouce et l'index avec le petit doigt posé sur la table et le manche comporte des frettes nouées en boyau pour pouvoir jouer des musiques polyphoniques. À la fin du XVIe siècle, une nouvelle forme de luth à 12 cordes apparaît en Angleterre (théorbe et chitarrone) servant plus à l'accompagnement qu'à la mélodie. Il a sans cesse évolué, par l’ajout de cordes graves, jusqu’au XVIIIe siècle.

Lutherie
Oud : détail du cordierLe oud est constitué de trois parties majeures :
Caisse de résonance : en noyer ou érable, elle est piriforme et est constituée d'une vingtaine (ou trentaine) de côtes (plus il en a meilleur il est), formant la plus grande caisse de résonance de tous les luths. La table est percée de grandes ouïes (1, 3 ou 5), recouvertes de rosaces. Un petit chevalet similaire à celui de la guitare, y est collé, ainsi qu'un renfort au point de jeu.
Manche : en noyer ou fruitier, le manche n'est pas fretté et est très court, tel celui du violon, permettant de jouer les (quarts de tons et tous les micro-intervalles)
Cordier : en noyer ou en fruitier, l'angle entre le manche et le cordier est quasi perpendiculaire, et cela a une grande importance pour soutenir la pression des onze ou douze cordes (en nylon et en métal fileté), couplées, fixées par des chevilles en bois.
Plusieurs types de ouds sont utilisés dans la musique arabo-turque :

ud hanin est un oud spécifique pour le solo à la caisse petite, en amande, à une rosace, au son ténu.
ud rannan est un oud spécifique pour la musique d'ensemble à la caisse piriforme, à trois ou cinq rosaces, très sonore.
Il existe aussi des ouds très décorés, incrustés de nacre ou de marqueterie, mais ils sont de moindre qualité musicale. Actuellement, les meilleurs luthiers sont en Égypte au Caire,Turquie.

Au Maghreb (au Maroc notamment) on distingue le oud classique, oud sharki, et le oud traditionnel à quatre cordes, ud `arbî (en Tunisie) ou kuitra (en Algérie).